Posté le 25.02.2008 par edition2008
"Je me souviens de ma vie"...un texte, un livre, une vie, une experience de 24 ans à travers le monde d'aujourd'hui. Une existence marquée par la douleur et la différence.
Ce livre racconte la vision d'un enfant de cité à travers ses différentes épreuves, ses différents sentiments. L'amitié, la famille, l'amour, la mort...autant de chose qui rythme les 24 premières années de la vie d'un gosse de cité.
Parce que cette histoire pourait etre la votre, parce que cette histoire est la mienne, parce que cette histoire est ma vie, parce que à travers ces lignes vous allez découvrir ce qu'une vie peut offrir, ce qu'une vie peut reprendre et ce que l'amour peut vous permettre de faire...l'amour pour un ami, pour un parent ou pour un partenaire.
A travers ce blog, vous découvrirez plusieurs parties de ce livre, des parties intimes, qui vous donnerons j'éspère l'envie d'aller plus loin dans la découverte.
Le blog présente des parties du livre, des passages choisis chronologiquement, dans l'ordre de l'histoire...mais vous ne trouverez pas sur ce site l'intégralité du livre...
Ce blog permettra aussi de suivre l'évolution du livre, les avancées et pourquoi pas jusqu'a son apogée, à savoir son édition.
Bonne lecture, en ésperant que ca vous plaise à tous.
S.R
--
Posté le 25.02.2008 par edition2008
Je me souviens de mon enfance, une errance dans le temps, une façon de vivre qui me laissait présager que l’avenir serait un mélange de rêve, de réalité et de facilité. Une façon de voir le temps qui passe comme une délivrance, une délivrance face aux dures épreuves de cette époque. Pour tout le monde, l’enfance à un arrière gout d’inachevé, un gout de nostalgie, une époque qui nous rappel combien l’innocence qui nous remplie durant ces années fait de ce passage de la vie, l’un des plus abouti et des plus heureux. Pourtant quand on se penche sur nos années passées, on se rend compte bien souvent que les choses n’étaient pas si agréables que ca, que certaines choses, avec du recule, furent délicates à vivre. Mais c’est cette insouciance, cette naïveté qui nous a fait avancer.
Je me souviens de mon enfance, une cité dortoir, un quartier difficile, comme il en existe beaucoup du coté de la région parisienne. Des blocs de béton, une dalle sur laquelle repose un petit centre commercial, une gare…le décor est planté. A priori une zone comme les autres…à l’exception que cette zone est celle qui m’a vu grandir. 24 ans passés ici, sur les 24 ans que compte mon existence. Je suis de ces jeunes nés comme on dit « dans la rue ». La rue…nous y voila…la rue…une définition à priori simple, mais pourtant chacune des personnes que j’ai croisé pourrait vous en donner une personnelle, une différente de n’importe quelle autre définition. Moi, ma définition, elle ne se résume pas à quelques mots, elle ne se résume pas à un petit bout de texte dans le quel j’essaierai de faire passer ce que j’ai pu ressentir durant 24 ans, moi j’ai plutôt envie de décrire la rue, tout ce qu’elle vous apporte, tout ce qu’elle vous donne, ce qu’elle vous reprend…la rue, un mot si présent dans notre société, un mot pourtant si tabou. Pour moi la rue est un peu comme une sœur, une mère, une ancienne copine à qui j’ai tourné le dos. Il s’agit pour moi d’une dure réalité, une réalité bien loin de ce qu’on peut voir au journal télévisé, dans les médias. Une réalité qui me colle à la peau, qui fait ce que je suis aujourd’hui.
Je me souviens de mon enfance, les jours heureux d’un petit garçon qui arrive dans une famille unie, soudée et aimante. Une famille modeste, très modeste, plus prés des pauvres que des fortunés. Mais le manque d’argent était quelque chose d’éphémère face à l’amour qu’unissait notre famille. Il est souvent difficile de faire un retour en arrière, de se voir avec quelques années de moins, pourtant il est nécessaire de le faire, pour comprendre ce qui fait que certaine choses nous blesses toujours, que certaines cicatrices enfouies au fond de nous même restent encore si douloureuse.
Posté le 25.02.2008 par edition2008

...Ces quatres personnes sont mes amis sans qui je ne m’en serais jamais sorti. Mais il faut aussi parler des autres, ceux qui ont leur place dans ma vie mais qui ont connu un sort différent, je parle bien sur de tous mes amis que la rue à pris, que ce soit par la drogue, la mort ou la prison…cette sentence que réserve la rue si tu ne la respecte pas…mais un seul nom revient dans ma mémoire…Mory…toujours Mory, comment pourrait il en être autrement, lui qui depuis mes 4 ans est présent dans ma routine, dans mon quotidien…lui avec qui j’ai tout fait, des rondes sur le toit au journée passé a regarder les voitures en espérant voir passer George Weah…Mister George. Mory fait parti des gens qu’on ne regrette pas d’avoir connu, il fait parti des gens pour les quel on remercie la vie de nous avoir mis sur leur route. Mory à toujours pris soin de moi, il était fan comme moi de foot, de l’Olympique de Marseille, moi du Psg…mais on avait la même passion, l'amitié véritable, on se retrouvait le matin sur le terrain durant les vacances d’été, quand la chaleur commençait à grimper. Il descendait pour une seule et unique raison…moi…parce qu’il savait que j’en avais envie.
Posté le 29.02.2008 par edition2008
Puis l’année a passé, sans trop de réelles complications…jusqu’au mois de mai…un mois maudit, un jeu de gosse qui nous a couté cher, très cher.
On avait une habitude au quartier, comme un divertissement, de sauter une barrière qui donnait sur la grande route et de passer le plus prés possible des voitures qui empruntait cette avenue.
On était 5, mathieu, issa, mory et moi étions passé avec brio…venait le tour de Nicolas…il commençait à s’élancer, il courrait très vite, il posa sa main sur la barrière de façon à pouvoir la sauter tout en retombant sur ses pieds…mais justement son pied se pris dans le haut de la barrière…et le fit basculer la tête la première dans le pare brise d’un voiture roulant à 90 km heure…
Il fut projeté sur 25 mètres…tout ca sous nos yeux, sans que nous ne puissions y changer quoique ce soit…c’est mathieu qui eu le réflexe d’aller prévenir sa mère. Quelques minutes plus tard les pompiers arrivaient sur place. Nicolas était entre la vie et la mort. Nous assistions à ce drame sans que nous ne puissions rien y faire, totalement paralysé par ce qu’on voyait. Il m’était impossible de rentrer chez moi, notre ami Nicolas venait, à cause de notre faute, de peut être perdre la vie, de peut être perdre bien plus…
L’attente fut très longue et douloureuse, mais après quelques jours les nouvelles arrivaient…
Posté le 29.02.2008 par edition2008
On avait alors nos 12 ans et des rêves plein la tête. Avec mory on partageait la passion du catch, une passion qui nous rapprochait encore plus car cette discipline n’était apprécier que par peu de personne…on se sentait vraiment à part…mais peu importe après tout puisque notre amitié nous suffisait.
La cinquième et notre douzième année se passait sans trop de soucis, apportant son lot de problème familiaux, des épreuves dures à surmonter mais qui avec la présence de mon frère Africain semblaient assez facile à gérer.
Pourtant il nous a fallu souvent beaucoup de courage pour faire de notre vie un conte de fée, même si on était bien loin du bonheur, on avait l’impression de baigner dedans. On s’inventait un monde heureux, on se forçait à sourire et à être heureux et avec le temps, on finissait par l’être vraiment.
Rien n’est plus fort qu’une amitié, même pas l’amour. L’amitié a ce pouvoir que l’amour n’offre pas. Ce pouvoir d’être toujours présent pour l’autre, d’oublier ses faux pas et ses erreurs, de ne voir en ses défauts que des qualités. De voir en nos différences que des points communs.
C’est en ce sens que ma relation avec lui était surement la plus belle et la plus sincère de toute mon existence passé, présente et future.
Le jour ou Nico s’est fait faucher par cette voiture, Mory et moi étions les seuls à pouvoir nous réconforter rien qu’en nous regardant. La vie avait pris un tout autre sens ce jour la. C’était le premier drame qui touchait un des acteurs de notre petit monde. Et l’une des choses les plus belle venait en même temps d’arriver, la certitude que Mory et moi étions plus que de simple amis, on était fait pour être ami. Les coups de foudre amicaux existent, j’en suis la preuve vivante.
Posté le 25.03.2008 par edition2008

A l’image de mory, les problèmes personnels rencontrés dans nos vies respectives, cette partie de vie ou nous n’étions pas ensemble, commençaient réellement à devenir trop présent. Je sais que dans mon enfance ma mère était malade…pas le genre de maladie qui vous fragilise le corps, mais le genre de maladie qui vous gâche la vie car le mal ce loge dans la tête, un genre de maladie psychiatrique. C’est en voyant mory que je me suis replongé, un temps, à la période de l’école primaire. A cette époque cela ne me paraissait pas si anormale que ca, pourtant, avec le recule que je commençais a avoir, je me suis aperçu que mon enfance et les liens avec mes parents, et particulièrement ma mère, étaient différents de ceux qu’avaient les autres enfants de mon âge avec les leurs. Je ne comprenais pas pourquoi chaque jeudi soir nous devions aller attendre ma mère aux portes d’un soit disant docteur qui était loin de notre immeuble, alors que moi quand j’allais chez le médecin il était 8 étages plus bas, je ne comprenais pas pourquoi quand je demandais « pourquoi maman est malade, qu’est ce qu’elle a » et qu’en guise de réponse, j’avais le « assis toi et tais toi »…je ne comprenais pas la situation. Je me souviens du malaise qui régnait a ce moment la chez moi. Ma mère ne venait jamais me chercher le soir a la sortie de l’école, j’étais pourtant encore si jeune. La plupart de mes camarades étaient attendu le soir, avec un gouté, avec une raison de rentrer. Moi ma mère n’était pas la, elle ne m’attendait pas. Je me sentais tellement a part, en marge de ce qui se passait sous mes yeux.
C’était pareil quand je voulais inviter un ami chez moi, cela tournait en réception présidentielle, avec service d’ordre et fouille a l’entrée. Alors au bout d’un moment, je ne pouvais plus inviter mes amis, ce qui a eu comme conséquence de me faire exclure de la plupart des gens de mon âge, je n’étais jamais invité car je ne pouvais pas retourner les invitations…mais après tout je n’en avais pas réellement besoin puisque mes amis de toujours Mathieu et issa étaient présent pour moi…puis Mory…encore et toujours Mory…
Posté le 25.03.2008 par edition2008

Je n’ai jamais eu de moments tendres avec ma mère, cela fut toujours compliqué, est ce en parti a cause de sa maladie ? Je ne sais pas. Les seuls moments de tendresse que j’ai en moi avec ma mère, c’est le soir, quand elle regardait le film, allongé derrière l’aquarium qui éclairait son visage. Je m’allongeais avec elle, au creux de ses bras, tout serré, je sentais l’odeur de sa peau, de ses cheveux. J’admirais les reflets de l’eau au plafond, je trouvais ca si beau, il m’arrive parfois de voir encore ces reflets sur le plafond, même 20 ans âpres. A bien y repenser ce fut les seuls moments ou ma mère me pris un peu dans ses bras, mais même dans ces moments la, je n’ai jamais senti sa main me serrer contre sa poitrine, je n’ai jamais senti ses lèvres se poser sur mon front ou mes cheveux, comme un baiser d’une mère a son enfant…je n’ai jamais entendu le murmure de sa voix me dire « je t’aime fils »… Je n’ai eu de contact avec la main de ma mère que de sa paume frappant mes joues les jours ou je faisais n’importe quoi…en dehors de ca, jamais un geste tendre, jamais un mot qui me rappelai que j’étais son fils et qu’elle m’aimait comme tel…non…j’ai ressenti tout au long de mon enfance, un manque cruel d’amour, de tendresse et d’attention qui aujourd’hui encore fait de moi quelqu’un de blessé…au plus profond de moi. J’aurais éternellement besoin de ces gestes, de ces attentions, de ces mains posées sur moi…mais aujourd’hui rien ne rattrapera les années passées…
Posté le 25.03.2008 par edition2008
Les relations entre une mère malade et un fils introverti sont très compliqués. Malgré tout ces manques, ces erreurs d’une mère absente, d’une mère malade…j’ai toujours eu pour celle qui ma donné la vie un immense respect. Elle était pour moi l’unique personne qui serait toujours la pour moi, celle qui peut importe ce que je traverserai serait la à m’épauler, mon seul phare quand je me perds dans la nuit…la seule lumière que je pourrais capter si je me perdais dans l’immensité de la vie et des douleurs qu’elle apporte. La seule personne qui pouvait se douter de ce manque d’amour que j’ai ressenti toute ma vie sans jamais en parler…c’était mory…lui qui vivait aussi ses dures épreuves chez lui.